Même la nature se voit contrainte
de rentrer dans les rangs. C’est parait-il ce qu’on appelle la protéger.
Il faisait si beau que je ne pouvais me priver plus
longtemps d’une bonne marche en forêt (pas trop loin pour ne pas forcer sur ma
jambe encore douloureuse).
Je m’approche, en voiture, le plus près possible du lieu de
départ.
Surprise. Est aménagé, depuis peu semble-t-il, un parking où sont stationnés aujourd’hui plusieurs véhicules. Cela confirme les
impressions de ma dernière balade où je constatais divers changements laissant
prévoir des aménagements de ce qu’on appelle
civilisation.
La perte de liberté d’exister pour ces beaux arbres et la végétation
bouillonnante de leur environnement.
Dès le départ, le chemin est élargi et la forêt a perdu de sa
profondeur ; elle est devenu transparente tant les arbres ont été élagués.
A l’étang, pas encore de jet d’eau mais ça viendra sans doute. Derrière, on aperçoit des hangars dans la prairie qui, au paravent, étaient cachés par une dense végétation.Plus loin, au bord du chemin, une angoisse… allongés, comme fusillés.
Puis, nouvelle découverte : des espaces pique-nique, ainsi que des jeux de plein air pour les petits enfants, sans oublier le parcours de santé pour adultes.
Un géant traverse le paysage, je ne vois que ses jambes ; une tache blanche sur l’une d’elle, la droite probablement, vu le sens de la marche imaginaire.
Original balisage du chemin…
Là, une fougère s’est réfugiée dans des bras protecteurs pour échapper sans doute à la débroussailleuse.
Que de changements dans ce petit paradis où je me réfugiais seule, pour rêver, n’écoutant
que les oiseaux et le vent dans le
feuillage. Qu’il est déjà loin ce
temps.
J’y ai rencontré de nombreux promeneurs de chiens qui m’ont
fait la fête en me croisant et pourri le jean en me sautant sur les jambes ;
(Poliment, en bon faux-jeton, j’ai flatté
le propriétaire de la bestiole en lui disant que ce n’est pas grave, -que de la
boue- avec un grand sourire). C’est ça
être civilisé ?
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